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Atelier _ 1er avril 2011_Fukushima _ point macro-économie _ Les marchés en eaux
Voici un point marché, autour des événements dramatiques au Japon. Il se veut dans le consensus de marché = respect aujourd’hui, prudence à 3 mois, et optimisme à 6-9 mois.
Pour sortir du consensus, il faut pousser loin le risque nucléaire au Japon, l’effondrement des matières premières agricoles, l’envolée du pétrole, une attaque de l’euro provoquant l’éclatement de la zone, un raid éclair israélien sur l’Iran, une irakisation de la Lybie et de Bahreïn …
A l’encontre des esprits chagrins, cyniquement malgré nous, constatons que la crise au Japon amène JC Trichet, président de la BCE, à retarder une hausse des taux qui aurait ralenti plus sûrement encore la reprise.

Par souci de transparence, autant que d’équité, Nous avons mis en pièce jointe le flash d’un japonais et d’un américain (traduits, …).


Flash Gestion - Fukushima
- Mars 2011 -


Vendredi 11 mars, la côte nord-est du Japon a été touchée par un séisme d’une magnitude de 9,0 sur l’échelle de Richter, ce qui en fait un des cinq plus violents au monde depuis l900. Ce séisme a ensuite causé un tsunami qui a dévasté les villes côtières. Les pertes humaines se chiffrent en milliers de morts (3000 morts officiels et 8000 disparus). Les dégâts matériels sont très importants. Plusieurs centrales nucléaires étaient situées sur cette côte, et l’une d’elles, Fukushima Daiichi est actuellement dans une situation problématique, du fait d’un blocage de ses systèmes de refroidissement.

Alors que les marchés ont finalement occulté la crise sur le pourtour méditerranéen, les évènements tragiques survenus au Japon ont eu raison de la tendance haussière constatée depuis novembre 2010. Les risques nucléaires marqués sur la population ne sont à l’heure actuelle même pas pris en compte. Aux dernières nouvelles, il semblerait que l’électricité soit revenue pour alimenter les pompes de circulation, et permettre le refroidissement des cœurs.
En dehors de toute considération émotive, nous revenons sur ces derniers évènements lesquels auront forcément des répercussions sur l’ensemble de l’économie mondiale.
Le Japon représente 9% du PNB mondial et 7% de la capitalisation boursière mondiale. Les trois provinces les plus sinistrées par ce désastre représenteraient seulement 4% du PIB Japonais. Ainsi, une perte de 1 point de PNB au Japon représenterait moins de 0.1% du PNB mondial. L’impact sur l’Europe pourrait être faible (hors transport aérien, tourisme et luxe, les japonais s’éloignant pour quelques temps). Ainsi, sans être à surpondérer sur les actions européennes, ces dernières pourraient connaître un regain d’intérêt en sachant que les échanges commerciaux du Japon avoisinent les 11-12% avec l’Europe et à fortiori 3% avec l’France et seulement 1% avec la France.
***
Impact sur les marchés actions :
Hausse de la prime de risque qui remonte au-dessus des niveaux historiques de 5%
Augmentation de la volatilité qui traduit la nervosité des investisseurs
Chute des indices dans un climat d’incertitudes fort et amplification des mouvements de baisse sur certains titres
Après avoir perdu 6% lundi, le Nikkei a clôturé en baisse de 10% mardi
Poursuite de la rotation géographique observée depuis le début de l’année avec un recentrage sur les zones locales et plus de prudence sur les émergents
Conclusion : les marchés actions sont en hausse après l’annonce de la stabilisation de la situation. Nous pensons que la baisse récente a créé des occasions de renforcement de certains titres. Nous pensons par ailleurs qu’il faut rester vigilants à court terme sur les secteur du luxe, assurance / réassurance, électronique, nucléaire / services publics et automobiles. Ces secteurs seront les plus impactés. Nous restons globalement dans un environnement incertain.
Pour les opportunités, nous avons renforcé des titres comme Vinci, Sanofi-aventis, l’Occitane aussi qui a baissé de manière excessive…

Impact sur le marché des changes
Injection massive de liquidités de la banque du Japon + rapatriement de capitaux des investisseurs japonais
Remontée des taux longs
Hausse du Yen avec un plus haut atteint face au dollar depuis la seconde guerre mondiale (Y/$ à 76.25)
Conclusion : le marché des changes va rester mouvementé. Attention à la spéculation des opérateurs qui amplifie, comme pour toute classe d’actifs, les mouvements.

***
Le séisme du 11 mars 2011 au Japon n’est pas comparable à celui de Kobe en 1995 (qui a coûté 2,5% PIB japonais). Il entraîne certes, comme Kobe, un risque de désorganisation important de l’économie japonaise mais ces deux évènements ne sont cependant pas totalement comparables en raison de l’alerte nucléaire que celui-ci a causée.
Hors risque nucléaire, les conséquences seront :
•         Pour le Japon, une contraction probable du PNB de 0,25% à 1% sur les deux trimestres à venir, puis un redémarrage de la croissance en raison de la reconstruction (sauf si le risque nucléaire devenait tel qu’il obligeait l’évacuation d’une large zone, dont Tokyo).
•         Pour l’économie mondiale, il y a une crainte de rupture des approvisionnements dans certains secteurs comme l’électronique ou l’automobile qui fait peser le risque d’un tassement de la croissance mondiale, sans compter le coût du renchérissement de l’énergie si de nombreux États faisaient le choix d’une sortie progressive de l’énergie nucléaire.
Cependant, au total, le risque de tassement de la croissance mondiale est modéré. L’impact important de cette catastrophe sur les marchés vient en réalité de l’incertitude particulière générée par l’aspect nucléaire de la crise(risque de désorganisation totale de l’économie nippone, risque d’extension de la contamination radioactive jusqu’en Chine si un ou plusieurs cœurs des réacteurs venaient à exploser). Or, les gérants de fonds étaient très fortement investis en actions et avaient peu de cash avant le séisme.
 
    


Les gérants de fonds étaient très investis enactions (graph 1 – en bleu) et détenaient seulement 3,5% de cash dans leur portefeuille (graph 2 – en bleu) avant le séisme du 11 mars (source : BofA Merrill Lynch)
 
Il faut ajouter que la communauté financière a eu une attitude complaisante face aux tensions au Moyen-Orient (considérant que des cours du baril entre 130 et 140$ restaient économiquement supportables) et se sont décidés à alléger les portefeuilles tardivement mais vivement sur le catalyseur japonais.
Nous estimons que ce n’est qu’une correction d’amplitude intermédiaire et que cela ne remet pas en cause la tendance haussière des actions dans un contexte de valorisations raisonnables sur les marchés (PER médian estimé en 2011 de 14 sur le S&P 500 ; de 13 sur l’Eurostoxx large), de reprise économique globale et de faible taux de détention d’actions par les investisseurs finaux (ce qui devrait nous tenir à l’écart d’un risque de liquidation massive).  Cependant, au lieu d’avoir une correction de l’ordre de 3 à 5% sur le marché américain et de 6-7% sur le marché européen, la situation nous entraîne plutôt vers une correction d’amplitude comparable à celle de la crise grecque (-10 à -12% aux USA ; -12 à -15% en Europe).
L’alerte nucléaire s’est produite après déjà 7% de baisse sur les indices européens. Plutôt que de réagir vivement et tardivement, la position privilégiée est d’être investi à 50%, dans l’idée de revenir vers 80-100% quand le timing sera adéquat.
En termes de timing, il nous semble que le point bas du 16 mars sera re-testé dans les jours à venir, car le traitement de la situation à Fukushima sera long et la reprise des tensions sur le pétrole pèse à nouveau. Toutefois, il est probable (sauf explosion d’un réacteur) que le test, voire l’enfoncement mineur des 2720 points sur l’Eurostoxx 50 et 1250 points sur le S&P 500, sera l’occasion de reconstruire une position fortement haussière.
En cas d’explosion d’un réacteur ou en cas d’embrasement d’un autre pays pétrolier, les niveaux de correction seraient plus élevés mais ne changeraient pas le scénario global. Ils justifieraient toutefois un allègement supplémentaire et l’attente d’un niveau un peu plus bas pour reconstruire une position très haussière.
***

L’économie (mondiale en général, européenne en particulier) va mieux, le moral des chefs d’entreprise est redressé, les indices manufacturiers à des niveaux inconnus depuis plusieurs années, le ré- équilibrage émergeants – émergés effectué. A 6 mois, en excluant le risque nucléaire, prenons le pari que la crise sera effacée. Les plaies dans la population ne seront pour autant pas pansées, Respectons leur douleur autant que leur pudeur.

 
André Areny, avec Arnaud RaimonAlienor Capital,
Caroline Grinda gérante FCP Valeurs féminines,
Et aussi les équipes de =
EFG Asset Management, Lazard Frères Gestion,
Rothschild Asset Management, EDRAM,
Hixance, Pastel & Associés, BDL,
Financière de l’Echiquier, GT-Finance
 
 
 

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